Par le petit bout de la Lorgnette.. !


Par le petit bout de la Lorgnette.. ! Un regard amusé, sans prétention et aucune méchanceté sur l'actualité, la société, la politique, l'environnement et les faits divers... sans oublier l'humour... et l'humeur du moment !

mercredi 11 avril 2012

Le vendredi 13, quitte ou double ?


La rencontre du treize, nombre à la fois du mal et du renouveau, et du vendredi, jour faste ou néfaste, a fait naître le vendredi 13, symbole de chance pour les joueurs superstitieux, ont expliqué mercredi une historienne et un anthropologue. La Française des Jeux offrira aux millions de joueurs occasionnels de ce vendredi 13, le deuxième d'une série de trois en 2012, un Super Loto doté d'une cagnotte de 13 millions d'euros, sans oublier le tirage traditionnel d'Euro Millions accompagné d'un jackpot de 53 millions d'euros.
"La croyance, fort ancienne, qui associe le treize à la malchance, renvoie à la Cène, le dernier repas du Christ, entouré de douze apôtres, dont l'un, Judas, vient de le trahir", raconte Élisabeth Belmas, professeure d'histoire moderne à l'université Paris XIII. Le treize maléfique, ajoute l'historienne, est aussi la date du 13 octobre 1307, quand Philippe Le Bel ordonna l'arrestation des Templiers. Mais, du temps des Pharaons, relève Élisabeth Belmas, les Égyptiens y voyaient un signe de chance, tout comme les Chinois de Hong Kong. En fait, explique l'historienne, c'est l'arcane XIII du tarot initiatique qui "traduit le mieux l'ambivalence du nombre treize, évoquant tout à la fois une mort initiatique suivie d'une renaissance".

"Pratique rituelle"

Quant au vendredi, les croyances et les superstitions l'associent, selon les époques, à des références opposées. L'antiquité gréco-latine vouait le vendredi à la déesse de l'amour et de la fertilité, Vénus, jour de "bonheur et de prospérité". Un symbole effacé par le christianisme, le vendredi, jour de la Passion du Christ, devenant "un jour d'affliction, longtemps marqué par l'obligation de ne pas manger de viande, voire de jeûner", souligne Élisabeth Belmas.
"Le vendredi est à la fois un jour maléfique (Passion du Christ) et bénéfique, car le jeûne et l'abstinence symbolisent également le contrôle de soi, sans oublier que ce jour précède le dimanche du renouveau avec la résurrection du Christ", renchérit Dominique Desjeux, professeur d'anthropologie sociale à l'université Paris Descartes. "Jouer un vendredi 13, poursuit-il, est une pratique qui s'inscrit dans un mécanisme anthropologique ancien, celui de la transmutation du néfaste en faste grâce à des rites d'inversion". Pour cet anthropologue, "jouer le vendredi 13 relève d'une pratique rituelle proche de l'animisme, dont l'enjeu est de renverser le négatif en positif".

"Charge symbolique"

Le joueur, qui achetait autrefois un billet entier ou un dixième de la Loterie nationale et qui coche maintenant des numéros sur une grille de Loto, "investit d'une charge symbolique (chance, fortune, prospérité) les numéros qu'il a choisis", dit Élisabeth Balmas. L'historienne rappelle que, dès sa création en 1933, la Loterie nationale avait créé des tranches spéciales : Pâques, Noël, Saint-Valentin et vendredi 13. L'année 2012 comptera trois vendredis 13 : les 13 janvier, 13 avril et 13 juillet, une série exceptionnelle déjà vue en 1998 et 2009, mais qui ne reviendra qu'en 2015 et 2026.
Selon La Française des Jeux (FDJ), sept millions de prises de jeux sont enregistrées chaque vendredi 13, soit l'équivalent des mises d'une semaine normale, et le taux de Loto Flash (la machine choisit les numéros de manière aléatoire) double. Des habitudes qui devraient gonfler le chiffre d'affaires de la FDJ en 2012 après le CA record de 11,4 milliards d'euros de 2011. Le PMU décompte chaque vendredi 13 une hausse de 13 % des enjeux du Quinté+ par rapport à un vendredi habituel et une hausse de 17 % pour le Quinté+ Spot (chevaux sélectionnés en totalité ou en partie par la machine).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire