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vendredi 8 juin 2012

Les présidents passent, les bureaux restent


François Hollande conserve le prestigieux meuble utilisé par son prédécesseur. Œuvre de l'ébéniste Charles Cressent, il est daté de 1740.

Dans quels meubles François Hollande va-t-il œuvrer? Bien qu'il en ait tout le loisir, le président de la République a choisi, pour l'instant, de ne pas faire de grands changements dans le bureau présidentiel. Hormis la suppression d'une banquette, afin de mettre des fauteuils, il a repris le dispositif qui était en place lorsqu'il est arrivé. Seule a été modifiée la décoration personnelle: le président a posé plusieurs photos sur la cheminée, dont une de lui et deValérie Trierweiler prise à Tulle, au soir de sa victoire.
François Hollande va donc travailler sur un meuble prestigieux, issu du Mobilier national. C'est un bureau royal de Charles Cressent, ébéniste renommé du XVIIIe siècle, datant de 1740. Il provient de l'hôtel de la Marine, l'ancien garde-meuble de la Couronne. Joyau d'ébénisterie Louis XV, en bois de rose et de violette avec de riches bronzes dorés, il est chargé d'histoire.
La table avait auparavant servi à Georges Pompidou, un temps à François Mitterrand, puis à Jacques Chirac et, enfin, à Nicolas Sarkozy. Seuls ­Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, lors de son second septennat, avaient dérogé à la règle du Cressent. Le premier, qui voulait marquer sa différence, avait conservé le bureau plat en acajou estampillé Riesener qu'il possédait au ministère des Finances. Le second voulait imposer une marque contemporaine à son second mandat et s'était alors tourné vers le designer Paulin.

Le salon des Portraits remeublé

François Hollande a donc choisi de s'inscrire dans la continuité républicaine. Mais par la force des choses, l'Élysée a tout de même remeublé le salon des Portraits, pièce où se tinrent les Conseils des ministres sous Napoléon III, puis de 1879 à 1940. Récemment, des petits déjeuners restreints y étaient organisés. Il y a peu, un mo­bilier Louis XVI, en accord avec le décorum, a été remis dans ce salon. En ­effet, en quittant l'Élysée, Nicolas Sarkozy a choisi de prendre avec lui le mobilier moderne qui y était installé auparavant. La loi, bien sûr, autorise l'ancien président à faire usage du mobilier national, puisque ses nouveaux bureaux sont mis à disposition par l'État.
Rue de Miromesnil (à deux pas de l'Élysée), il travaillera donc sur une table et des chaises contemporaines, fabriquées par le cabinet des architectes Philippe Chaix et Jean-Paul Morel. Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs utilisé cette table en bois clair, très épurée, lors d'interviews télévisées accordées à l'Élysée.
L'ensemble, qui comporte une table et six chaises à dos rond, avait été commandé par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture entre 2004 et 2007. Soucieux de mettre en valeur le savoir-faire français, l'ancien ministre avait changé plusieurs fois de bureau, et passé deux commandes publiques - dont le Chaix et Morel - à l'Atelier de recherches et de création du Mobilier national, une instance créée par André Malraux.

Lu sur lefigaro.fr

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