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lundi 9 juillet 2012

Biodiversité : quand autour des arbres morts, la vie renaît


Les intempéries n'épargnent pas les forêts françaises depuis le début de l'année. Des milliers d'arbres se sont effondrés sous le poids du vent et des tempêtes. A priori, un désastre pour l'environnement. Ce que l'on sait moins, c'est que les arbres morts offrent un nouvel écosystème pour la faune et la flore.
Gérardmer dans l'oeil de la mini-tornade, c'était la semaine dernière. Quand les rafales de vent arrachaient la charpente du toit du lycée, les habitants tremblaient pour leurs maisons. Maisons sinistrées, coupures de courant, aliments faisandés. Ailleurs, dans les forêts des Vosges, des centaines d'arbres se sont couchés sous le poids de la tempête. Des dizaines d'hectares de forêt ont été abattus par la force des intempéries.
Quand mère nature se met à gronder, l'Homme ne peut que constater les dégâts et se prémunir contre une potentielle récidive. Dans la forêt d'arbres morts, la vie a quitté les végétaux, les nids d'oiseaux ont été détruits, les mammifères ont dû fuir leur terrier ou leur abri. Dans ce triste contexte, un espoir renaît : les troncs mis à terre se laissent envahir d'une quantité d'organisme qui se repaissent d'une manne enfin accessible.
Les insectes ouvrent la voie aux bactéries
Les débris de bois, au sol, sont directement ingérés par une foule d'insectes, d'oiseaux ou de petits mammifères. Leur "taux d'occupation" dépend du type d'arbretombé (les pins s'effritent plus facilement que les chênes), du lieu de la chute et de la manière dont l'arbre se retrouve au sol.
Les troncs dont les branches annexes restent en contact avec la terre, et qui restent ainsi "suspendus", pourrissent moins vite que ceux qui sont directement en contact avec le sol, là où l'humidité est la plus forte. Face aux arbres tombés dans le sens de la pente, les troncs en parallèle auront tendance à rouler, emportant avec eux des débris et de l'eau, favorisant l'érosion du sol.
Une fois figé, le tronc sèche. Il se morcèle et offre des portes d'entrée aux insectes. Les scarabées, les fourmis, les termites s'engouffrent dans le bois, emmenant avec eux des bactéries et des spores fongiques qui contribuent au démantèlement de l'arbre.
Un cycle de vie qui se régénère
L'écorce intérieure de l'arbre et l'aubier, cette partie juste sous l'écorce, tendre et blanchâtre, riches en nutriments, sont les premiers à être exploités. Les insectes contribuent ainsi à fragiliser l'écorce extérieure. Le coeur du bois, la partie la plus dure et la plus pauvre en nutriments est la dernière à se désintégrer.
Associés au pourrissement de l'arbre, de petits rongeurs peuvent créer des espaces suffisamment grands pour que des vertébrés puissent y élire domicile.  Durant les étés les plus chauds ou les plus secs, le bois pourri fournit un paradis de fraîcheur et d'humidité pour une kyrielle d'animaux et sert de réservoir aux racines des plantes.
À terme, le tronc rend se confond en un humus fertile, spongieux et riche en minéraux. L'origine de sa fertilité tient à la diversité de l'activité biologique qui fournit un dépôt riche en nitrogène, à l'intérieur et autour du tronc effondré. Une pépinière pour de nouveaux arbres a été ainsi créée, grâce à la tempête initiale.

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